Voici le premier article de ce qui sera peut-être une série :
Le haïku est un type de court poème codifié au XVII ème siècle au Japon.
Il se compose de 17 mores (découpage sonore plus ou moins équivalent à des syllabes) en trois segments respectivement de 5, 7 et 5 mores.
Traditionnellement le haïku a pour sujet d’évoquer l’éphémère, et fait généralement référence à une notion de saison. Même si thématiquement les haïkus sont plutôt évocateurs d’un certain état contemplatif, ils font fréquemment appel à l’humour et à la dérision.
L’adaptation des haïkus en français est assez délicate. Les mores ne sont pas tout à fait équivalents aux syllabes et les pronoms et les articles sont rares en japonais. La forme d’un tercet 5/7/5 syllabes est généralement adoptée, mais parfois par souci de respect de l’idée poétique, des formes plus libres sont utilisées.
Mais quel rapport avec les piments, me direz-vous? Et bien le Piment est le sujet, de certains des haïkus les plus connus des maitres du genre :
Si beau
après la bourrasque –
le piment rouge!
Yosa Buson
Quand donc le piment a-t-il rougi ?
Kyorai
Ou bien cette anecdote qui illustre les deux conceptions (humoristique et rêveuse) du haïku
« Le poête Kikaku proposa, un jour à son maître Bashô (considéré comme le père de cette forme poétique), ce haïku :
Une libellule
Otez-lui les ailes
un piment.
Bashô, maître dans la plus pure tradition Bouddhiste, s’emporta tant ce trait d’humour lui semblait opposé au principe de respect de tous les êtres vivants et le corrigea :
Un piment :
Mettez-lui des ailes
une libellule. »



